Il s’agit d’un phénomène physiologique naturel et normal qui se produit à n’importe quel moment de la journée ou de la nuit, plusieurs fois par jour chez tout le monde. Oui, tout être humain, sans exception, possède en lui ce phénomène. La mère de famille qui va au bureau, le père qui va chercher ses enfants à l’école, le grand-père qui part en vacances, la grand-mère qui fait son tour à vélo… tout le monde est sujet aux absences de vigilance. C’est, en réalité, le nom que l’on donne à un petit moment de notre cycle naturel qui est situé entre une période d’éveil et une période de sommeil. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le corps humain ne possède pas d’interrupteur « on/off » qu’il suffirait de positionner suivant nos envies sur : « éveil/sommeil ». On ne change pas d’état d’un coup, on passe par une phase de « transition ».

Cette petite période de transition peut se produire alors que nous sommes toujours éveillés ou presque… Le traitement ou la perception de l’information de l’environnement dans lequel nous sommes est alors altéré. C’est un peu comme si nous étions dans un mode « pilote automatique » ou dans un mode « par défaut ». Ceci réduit allonge fortement le temps de réaction et dans certains cas, l’individu n’a plus aucune possibilité de réagir : il tombe dans la somnolence puis dans l’endormissement et donc, n’a plus aucune possibilité d’agir pour sa sécurité et ni pour celle des autres.

Les accidents de la route qui ont pour cause un moment d'Absence de Vigilance, sont de loin les accidents les plus grave car la personne qui est victime de ce genre de phénomène n'a aucune réaction. De par ce fait, son véhicule s'encastre dans un obstacle sans que la personne n'ait pu freiner...

Ce trouble de la vigilance peut aussi être amplifié par d’autres facteurs plus importants dont nous vous parlerons aussi brièvement dans cet ouvrage et qui seront approfondis lors d’un autre travail d’information du SECOP-ITSRE asbl.

Notre témoin Olivier JANSSEN, un chauffeur professionnel expérimenté, nous dira qu’il a été surpris plus d’une fois par ce genre de trouble et, à une reprise, il a dû effectuer un freinage d’urgence afin d’immobiliser son camion sur l’autoroute. Le plus troublant, c’est qu’il n’y avait rien de spécial devant lui ! Philippe DU PRIEZ nous dira qu’il était sur une autoroute en Allemagne et qu’il suivait une voiture à une distance respectable. Lorsqu’il est sorti de ce « trou noir », il venait de percuter le véhicule en question. Précisons qu’à cette époque, le téléphone portable n’existait pas… Lors d’un de ses premiers transports, le Président du SECOP-ITSRE asbl a vécu un phénomène semblable. Il a bien vu un panneau à 300 mètres devant lui et dans la seconde suivante, que ce panneau était derrière lui … sans qu’il ne l’ait consciemment vu passer. De même, il lui est arrivé de rater des sorties d’autoroute …

La première fois que nous nous rendons compte que ce phénomène vient de se produire, c’est effrayant et inquiétant ! On sait qu’il s’est produit quelque chose … mais quoi ? On n’arrive pas à mettre des mots sur ce phénomène. Il aura fallu 25 ans pour avoir des réponses et pouvoir les partager avec des moyens technologiques modernes.

Mehdi EL FASSI est coordinateur des infirmiers pour l’IDEWE, un centre de médecine du travail. Alors qu’il effectuait un pré-test d’une étude scientifique sur la somnolence au volant, il nous expliqua qu’il roulait en direction de Rotterdam. Une fois passé Maastricht, il s’est retrouvé sur une belle longue ligne droite et, à ce moment, il avait un score de 7/10 sur les instruments de mesure du pré-test. Sans s’en rendre compte, il était presque endormi au volant de sa voiture… Mehdi essayait un dispositif conçu par une spin off liégeoise qui permet d’analyser le degré d’éveil d’un individu. Sur ce dispositif, un score de « 0 » correspond à une personne parfaitement éveillée et le score de « 10 » correspond à une personne complètement endormie.

Éric MWANABUTE est un automobiliste comme il en existe beaucoup d’autres. Alors qu’il avait passé un excellent weekend en Suisse avec son frère, les deux hommes reprirent la route vers 17 heures en direction de Bruxelles. Durant leur trajet de 790 kilomètres, les deux frères s’arrêtèrent plusieurs fois afin de souper et de prendre un café. Alors que notre conducteur était à quelques dizaines de kilomètres de Bruxelles, il a voulu faire le plein du véhicule. Arrivé à hauteur de la station de Aische-en-Refail sur la E411 (entre Namur et Bruxelles), il vit le panneau annonçant la station-service et là, il a connu un « blackout ». Son véhicule s’est déporté de la première bande de circulation à la troisième et il a été « réveillé » par le bruit de l’impact avec des poteaux de signalisation. Heureusement, l’accident ne fera que des dégâts matériels…

Des témoignages comme ceux-ci nous en avons reçu plusieurs dizaines !

 

Dans ce reportage :

 

Ouvrez les yeux pour ne pas devoir les fermer à tout jamais !