Les liens entre sommeil et obésité ont maintenant été bien démontrés.

A partir des travaux du groupe de Chicago, dirigé par Eve Van Cauter, (1-4), il a été établi expérimentalement qu’une privation de sommeil aiguë était responsable d’une altération du métabolisme glucidique. Puis divers travaux épidémiologiques et physiopathologiques ont confirmé l’impact chronique de la durée de sommeil (5-7) sur la leptine, l’obésité, la résistance à l’insuline et la survenue d’un diabète. C’est ce qui a fait rapprocher, même si ce n’est évidemment pas le seul facteur, la réduction du temps de sommeil aux US et l’aggravation de l’obésité.

Par ailleurs, un travail a établi que les enfants en manque de sommeil à 30 mois ont un risque très majoré d'obésité à l'âge de 7 ans. Le rôle sur le sommeil dans le développement cérébral et la mise en place des mécanismes de régulation (en l'espèce de l'appétit et de la dépense énergétique) est mieux établi et passe par les secrétions hormonales [ghréline (sensation de faim) et leptine (réplétion), mais aussi insuline, cortisol, hormone thyroïdienne …].

La leptine est une hormone peptidique sécrétée par les adipocytes, impliquée dans la régulation de la prise alimentaire et de la balance énergétique. L’hormone agit sur le système nerveux central, en particulier sur l’hypothalamus pour réduire la prise alimentaire et stimuler la dépense d’énergie. Sa production est régulée par des modifications du métabolisme de l’adipocyte induites par l’insuline, et sa sécrétion est corrélée avec la masse des adipocytes et la charge en lipides. Cette hormone favorise également l’inflammation et pourrait de ce fait constituer un lien entre l’obésité et ses complications vasculaires. La ghréline est une hormone peptidique qui stimule l’appétit, et la production de graisse entraînant une augmentation de la prise alimentaire et du poids corporel. Elle est sécrétée par l’estomac et stimule la sécrétion d’hormone de croissance, de prolactine, d’ACTH. 84 La relation entre courte durée de sommeil et index de masse corporelle élevée pourrait donc s’expliquer par la diminution de la leptine et l’augmentation de la ghréline.

Elle est plus satisfaisante que l’explication purement mécaniste que l’augmentation du temps de veille corollaire obligatoire de la diminution du temps de sommeil entraîne une augmentation de la prise alimentaire uniquement du fait de l’augmentation du temps disponible pour s’alimenter (9). Enfin, les auteurs d'un travail récent publié dans "Archives of Diseases in Chilhood" (2006;91:881-884) insistent particulièrement sur le fait que les enfants qui se réveillent fatigués réduisent leurs activités physiques et leurs besoins énergétiques alors que leurs besoins métaboliques sont augmentés. La prise de poids limitera à son tour l'activité physique. Les auteurs de cette étude recommandent donc l'évitement d'appareils de télévision et d'ordinateurs dans la chambre des enfants afin de préserver le temps de sommeil nécessaire à leur croissance et à leur bon développement.

Conséquemment, le temps de sommeil ne doit pas se faire au détriment du temps de loisirs.

 

 

Ouvrez les yeux pour ne pas devoir les fermer à tout jamais !